Balzac à 20 ans

Honoré de Balzac à 20 ans, Esclave de sa volonté

Anne-Marie Baron

De la difficulté à entrer en littérature quand on est seul, jeune et pauvre.
En 1819, M. et Mme Balzac installent leur fils ainé, âgé de 20 ans, seul, dans le Marais parisien. Une installation décisive pour le jeune Honoré qui a supplié ses parents de le laisser interrompre ses études de droit durant au moins deux ans, le temps, espère-t-il, de lancer une carrière littéraire. Il vit pauvrement dans une mansarde, traduit les premières pages de L’Éthique de Spinoza, rédige un essai philosophique sur l’immortalité de l’âme, et surtout, compose un drame théâtral sur Cromwell qu’il fait lire à un académicien. Verdict : « Ce jeune homme doit faire de tout, excepté de la littérature ! »

Heureusement il a d’autres satisfactions que l’écriture. L’année de ses 20 ans, il rencontre Mme de Berny. Elle a 42 ans, a déjà eu neuf enfants, et pourtant il en tombe follement amoureux. Maltraité par sa mère, il a besoin d’être l’enfant chéri d’une autre. D’ailleurs, il l’appelle Maman, elle devient sa protectrice. Elle a reconnu en lui le génie, elle l’encourage, le rassure : « Vous êtes un œuf d’aigle couvé par des oies. » À son contact, il devient un expert de l’âme féminine. Sa rencontre avec Auguste Lepoitevin de l’Egreville, un littérateur qui achètera quelques années plus tard un tout jeune journal nommé Le Figaro, va lui mettre le pied à l’étrier. Ils rédigent à quatre mains (surtout celles d’Honoré en fait) des romans d’aventures publiés sous pseudonymes. Cela lui donne envie de devenir imprimeur lui-même. Catastrophe : en moins de trois ans, le jeune Balzac se ruine durablement. Il est maintenant condamné à écrire, toujours plus, toujours plus vite, pour rembourser ses créanciers. En 1829, l’année de ses trente ans et de la mort de son père, il publie Le Dernier Chouan, sa première œuvre publiée sous son vrai nom, mais sans la particule qu’il y ajoutera par la suite.


Le jeune Honoré, modèle de Balzac l’écrivain
Lire Balzac à 20 ans, c’est découvrir le modèle même de tous les jeunes gens pauvres qui, dans La Comédie humaine, « montent » à Paris pour, comme Honoré l’a fait lui-même, y chercher la gloire littéraire et le succès auprès des femmes. Souvent en vain. Lui l’obtiendra de son vivant, car sa peinture de la société de son époque portera une telle vérité qu’elle fera de lui le grand romancier du siècle. Cette œuvre visionnaire ne lui permettra ni de s’enrichir, ni de passer les portes de l’Académie Française, comme il l’espérait, mais fondera la littérature et le cinéma modernes, et surtout réalisera avec éclat son rêve le plus cher : illustrer glorieusement le nom de Balzac.

L’auteur :
Docteur ès lettres, présidente de la Société des Amis d’Honoré de Balzac et de la Maison de Balzac, et critique de cinéma, Anne-Marie Baron a publié de nombreux articles et essais sur le roman du XIXe siècle et son adaptation cinématographique.

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