Colette à 20 ans

Colette à 20 ans, une apprentie pas sage

Marie Céline Lachaud

Ou comment une petite provinciale entre par effraction en littérature à l’orée du XXe siècle.

Rien ne prédestinait Gabrielle Colette à devenir écrivain. Ses parents, Jules et Sidonie Colette, des notables de provinces, avaient pour elle d’autres desseins : lui faire faire un beau mariage. Mais les revers de fortune, dus aux inconséquences de son père, contrarièrent ce destin. A 18 ans, elle se retrouve sans dot, exilée loin de la maison où elle a grandi, dans un village étranger, à accompagner son frère Achille dans ses tournées de médecin de campagne.
La chance voudra que Henry-Gauthier Villars, surnommé Willy, un critique littéraire parisien en vogue, bambochard et de 15 ans son aîné, la rencontre à Chatillon, où elle habite, pour que sa vie bascule.

Elle a 20 ans, un visage mutin, un regard effronté, et elle est follement amoureuse. Willy l’épouse et l’emmène à Paris. S’il lui ouvre la porte du monde des arts et des salons parisiens, il la néglige et la trompe. Pour dompter sa jalousie et aussi par défi, elle s’enrôle dans les ateliers d’écriture de Willy, qui signe sous son nom des livres légers rédigés à la chaîne par des nègres. Ainsi naît Claudine à l’école, d’après les souvenirs d’enfance de Colette, qui sort en 1900 et devient aussitôt un succès sans précédent. Dans ce récit truffé de patois, de scènes salaces et d’odes païennes à la nature, Colette, avec une cruauté insouciante et l’aide de Willy, règle ses comptes – sans se dévoiler puisque c’est lui qui signe – avec le village de son enfance qui a humilié sa famille.

Elle se lasse bientôt de ce cache-cache littéraire qui fait d’elle le nègre à succès de Claudine à Paris, Claudine en ménage et autres et n’aura de cesse que de se dégager de l’emprise de Willy pour construire une œuvre, la sienne. Elle racontera son enfance idyllique dans La Maison de Claudine, La Retraite sentimentale, sa mère adorée dans Sido, puis le vilain Willy dans Mes apprentissages. Mais est-il vrai qu’elle été enfermée par Willy pour écrire? A-t-elle été aussi adorée par sa mère qu’elle le dit ?

En relisant les œuvres de l’écrivain et en les mettant en relation avec sa vie et ses différentes correspondances, apparaît en creux une Gabrielle jalouse de l’amour de sa mère pour son frère Achille, « l’ainé sans rivaux », et un Willy sensible et amoureux de sa « gamine ».
La jalousie amoureuse que Colette a éprouvée pendant toute sa vie n’est pas sans liens avec cette enfance dévorée par un amour idéalisé pour sa mère et qui a donné naissance à des œuvres parmi les plus sensuelles et poétiques du XXe siècle.

L’auteur :
Née en 1947, Grand Prix de l’Académie Charles Cros, Marie Céline Lachaud est auteur de théâtre, de théâtre musical, et interprète. Ses œuvres sont jouées en Europe, aux USA et au Canada.

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